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  • Camille Nicolas

parfaite tu seras

Mis à jour : janv 8

Lettre à toi qui m'a détruite,


Il y a six ans de ça, commençait notre histoire. Cette si belle histoire dont nous faisions l'éloge, jeunes lycéens un peu crédules que nous étions devant leur première histoire d'amour, ah oui oui, j'y croyais. Tout était si beau, au début. Nous étions faits pour être ensemble, tu étais parfait, n'est ce pas ? Du moins, c'est l'image que tu as voulu construire de nous. c'est ce que tu voulais que l'on pense de toi, de nous, de moi. "Souris" , "arrête de regarder les gens" , "ne m'embrasse pas en public", "dis pas de gros mots" , "ne fais pas ci, ne fais pas ça devant les gens" "ne mets pas ça ici", "dis à ton père que je suis comme ceci" , "ne fais pas cela devant ma sœur" "montre bien à tes parents que je suis un mec bien", bref; sois parfaite, montre que tu es digne d'être avec moi. Parce que oui, toi, tu étais irréprochable. C'est ce que j'ai longtemps cru, pendant quatre longues années en fait, où tu n'as cessé de manipuler mes actes, mes paroles, jusqu'à t'imicer jusque dans mes pensées. C'est seulement quelques mois après t'avoir quitté que j'ai réalisé que ce qui s'était passé entre nous tout ce temps n'était pas quelque chose de normal. Et en réalisant ça, je me suis effondrée. J'ai compris que je n'étais pas folle, que c'était toi, et ta faculté à rabattre toutes tes failles sur les autres. Ce besoin constant de te rassurer en rabaissant la personne qui, tu l'as bien compris, était prête à tout pour être à "ta hauteur". On a mis un mot sur ce que j'ai vécu, sur ce que tu étais. Tu es un paranoïaque. Tu es un manipulateur. Tu m'as descendue, pendant quatre ans, plus bas que terre. Tu es conne, comme toutes les filles de toutes façon. Toutes des putes, tes copines. Tu es bonne à l'école mais dans la vraie vie, tu ne sais pas réfléchir. Dire ceci, faire cela c'est tout ce que tu sais faire. Essaye de répéter plusieurs fois la phrase dans ta tête avant d'ouvrir la bouche, ça t'évitera de dire des choses aussi débiles. Tu t'en rends compte quand même, que t'es conne ? Je te connais, tu n'y arriveras pas. Tu es nulle. NULLE, c'était comme un bonjour que je recevais chaque jour de ta part. Autant dire que ma confiance en moi, en la personne que je suis en a prit un sacré coup.


Aujourd'hui encore, plus d'un an après la délivrance de ne plus avoir ton oppression dans ma vie, ce que tu m'as fait revient, quotidennement, à un moment de ma journée. Parfois je me sens nulle et j'entends ton jugement, j'ai peur que l'on me juge, que l'on pense de moi que je suis bête, que je ne vaux rien, comme tu me l'as laissé croire aussi longtemps. Depuis, plusieurs fois il m'est arrivé de fondre en larmes, en recevant un simple "t'es bête" émis sous le ton de la rigolade; en voyant un homme ne pas engueuler sa copine parce qu'elle n'avait pas fait attention à quelque chose et que j'ai trouvé ça si beau, alors que c'est juste normal; en discutant avec un ami, deux amis même, qui m'ont fait ce qui, maintenant, est le plus beau compliment que je puisse recevoir : tu es une femme intelligente. Vois comme tu m'as profondément blessée, encore aujourd'hui.


De la violence mentale, psychologique. voilà ce dont tu es le maître. Plus aucune dignité, plus aucune valeur intrinsèque, je n'étais plus moi. J'étais toi, j'étais ce que tu voulais que je sois sans jamais l'être vraiment. Jamais à la hauteur, incapable, idiote.. "tu ne te rends pas compte des sacrifices que j'ai fait pour toi" "tu ne mérites pas que je me donne à toi" "tu n'es pas intéressante" "même *** ferait ça mieux que toi", et moi, toujours là, à boire tes paroles, à essayer de faire des milliers d' "efforts" pour que tu me dises enfin que je suis à la hauteur. Ben oui, c'est comme ça que tu m'as fait croire que sans toi, je ne serai rien. Que j'avais "besoin" de toi, dans ce monde de "connards", parce que tu étais seul au dessus de tous, hein ? Je n'avais plus d'ami.es. Tu m'as éloignée de tous ceux qui comptaient pour moi, tu m'as fait mentir à ma famille, dévalorisé ma culture, crée une image de couple parfait pour que personne ne s'aperçoive du désastre, intériorisé ma bassesse d'esprit, n'est ce pas ?

Tu es dangereux. Tu m'as détruite, littéralement, détruite. Aujourd'hui, c'est compliqué, j'ai autant de haine que de compassion à ton égard. Car je sais que ce n'était pas de ta volonté de me démolir comme tu l'as fait, je sais que tu peux être quelqu'un de bien avec un grand cœur, mais par dessus tout, après un an de recul et de recherches, j'ai compris. je sais que tu as un problème, un problème d'ordre psychologique. un paranoïaque. un pervers narcissique. Voilà ce que tu es. Un homme qui a besoin de trouver une cible, assez fragile, assez aimante, assez influençable pour s'assurer d'être le plus fort, et d'avoir le sentiment de tout contrôler. Je n'oublie pas que tu as été mignon avec moi, quand même, parfois, peut être pour que je ne parte pas trop vite.


Malheureusement les moments de plaisir et d'amour ont tous disparus de ma mémoire, je ne vois plus que le monstre que tu es, et régulièrement me reviennent de choses abominables que tu m'as dites ou faites faire et que j'avais oubliées. Je n'y arrive pas, je suis désolée, j'essaye, mais je n'arrive pas à me dire que ces quatre années ont tout de même été des moments de joie et d'amour. Tu m'as volé 1/5ème de ma vie, en m'interdisant tout ce que les jeunes font pour s'amuser, en m'obligeant à être respectable, à être une "fille bien", à être différente de toutes les autres, toutes les autres qui s'amusaient, elles.


Au moins, tu m'auras appris une chose. En amour, la règle primordiale est de respecter l'altérité de la personne. Accepter que cette personne soit différente de toi, ne pas vouloir prétendre être pareil, ne pas chercher à lui correspondre. Rester soi-même, garder son socle personnel : c'est à dire être toujours conscient de sa valeur intrinsèque.

Depuis, j'ai rencontré nombre d'hommes aussi fabuleux les uns que les autres, qui n'ont cessé de m'injecter un peu de confiance en moi en me valorisant en tant que personne.


Merci à eux. En un an j'ai tellement changé, tellement mûri, et j'ai avancé bien plus vite et plus loin que ces quatre années passées sous ton emprise.

Bonne chance à la prochaine... J'espère qu'elle sera assez forte pour ne pas subir autant de violence.

En ce qui me concerne, j'ai encore du chemin à faire pour me (re)construire.


Jade, 23ans



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