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  • Camille Nicolas

Bus 85

17h30, Novembre 2018, malgré l’heure la nuit était déjà tombée. J’étais en retard pour aller voir une exposition dans le Nord de Paris, j’ai donc utilisé ce que tout parisien utilise, le métro. Il fut bloqué à une station et j’ai dû prendre le bus 85 qui allait m’emmener au lieu voulu. L’arrêt de bus est bondé, à l’arrivé du désiré qu’on attendait tous, les gens se poussaient : il fallait rentrer coûte que coûte. Peu de femmes étaient présentes dans ce bus mais une femme m’a aidé à monter et nos chemins se quittèrent. Ce fut bref mais d’une agréable et joviale solidarité féminine. Mon sac à bandoulière était plaqué contre mon ventre, je me disais bien que cette affluence devait être la proie de tout voleur ! Le trafic routier était autant bondé que notre bus, donc mon retard ne faisait que s’étendre dans le temps… Puis, j’ai senti une légère pression sur mon bas-ventre. Je me rappelle avoir souri, en pensant que c’était l’effet de mon sac à cause de la proximité et des à-coups de mes congénères de bus. Quelques minutes se déroulent, une ou deux musiques défilèrent, puis la pression devient de plus en plus forte, violente. On attendait de moi une réaction. J’essaie de glisser ma main vers mon entrejambe et y trouve une main, bien disposée à faire de mon corps sa nouvelle maison. Je la prends et l’enlève à la seconde même où j’ai compris ce qu’il était en train de se passer. Mon second réflexe fut de découvrir à qui appartenait la main violeuse de mon intimité. Je parcourais tous les visages des personnes autour de moi, tous étaient suspects dès à présent. J’avais peur de ne pas trouver le coupable, mais il ne me fallut pas beaucoup de temps pour croiser le regard d’un homme. Sa petite carrure me fit me poser des questions sur son acte, était-ce bien lui ? Les doutes ne furent pas longs, son regard et son sourire ont été des outils assez faciles pour comprendre le plaisir qu’il prenait à ce que je découvre son jeu. Le bus s’arrête, une bonne partie des personnes sortent, laissant un grand espace entre lui et moi. Par réflexe de crainte, de peur ou de honte, je n’en sais rien je suis allée me coller à d’autres personnes, ce qui en a fait râler plus d’un (je l’entends). Le contact physique s’arrêta, mais son lourd regard était posé sur mon visage, mes mains mais surtout mes yeux. Un second arrêt, cet homme sort du bus et me demande « Alors, tu viens avec moi ? ». Audacieux et courageux me diriez-vous ! Néanmoins, ces critères ne m’ont pas fait hésiter. Le cri d’un « Non ! » resurgit dans le bus, le faisant comprendre que son acte n’avait pas exigé la chose la plus importante que nous avons : le consentement.


Christina, 26 ans




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